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Journal de bord Gilles Pour la question : Tonton pourquoi tu écris si gros sur ton site ? La réponse est : parce que Françoise a encore du mal à lire les petits caractères depuis son opération. Voilà ! Mercredi 2 Juillet : Accompagné par Papyves à Blagnac avec 2 heures d’avance sur le vol de Londres prévu à 17h00. Les 2 heures d’avances n’ont pas été inutiles car je découvre que British Airways (putain d’anglais !) n’acceptent qu’une seule pièce de bagage en soute, et veulent me faire payer 38 € pour la prise en compte du 2ème sac. C’est bien malin, car au début j’avais fait un gros sac de 20 kg, mais me méfiant du transfert entre Gatwick et Heathrow, j’avais préféré répartir en 2 sac de 10 kg. Surtout que j’avais également sur le dos un sac à dos de 10kg avec le PC, les CD d’installation de MaxSea et autres, le tel Iridium et d’autres bagatelles électroniques (confiant le frangin de me refiler tous les trucs les plus chers à trimballer). Evidement, avec mon grand sens de la radinerie, plus du baratin, j’ai fini par convaincre la préposée chef qu’il n’y avait aucune indication sur ce point sur mon billet. Et cette charmante dame m’a dit : pas de problème on va dire que vous êtes en transfert vers une autre compagnie ou vous avez droit à plusieurs bagages… et voilà le travail (PEA ! !). Et dans la série PEA, les anglais n’assurent pas non plus le transfert des bagages entre les 2 aéroports de Londres. Il faut donc récupérer ses bagages, et se prendre la navette avec tout son barda (pour la modique somme de 19,5 livres non incluse dans le billet évidemment !). Ceci dit, c’est bien indiqué et fléché jusqu’à la compagnie de bus National Express. Laquelle compagnie dessert les terminaux 1,2,3 et 5 de Heathrow, mais pas le 4 (d’où je pars évidemment). Alors il faut descendre au terminal 5 et chercher un autre bus pour aller au n° 4. J’ai trouvé le bus un peu par hasard, et je n’étais pas le seul à chercher cette correspondance. Le responsable du premier bus nous avait dit de prendre le bus n° 7, et c’était le 6… (PEA ! ! !). Finalement les 4 heures entre l’arrivée à Gatwick et le départ d’Heathrow ont été presque bouffées, et cette fois, mes bagages sont enregistrés sans commentaires jusqu’à Nouméa. Nouveau départ pour Sydney via Bangkok à 22h00. Je suis à coté d’une vieille australienne de 40 à 45 ans qui passe son temps à boire du vin blanc en faisant des Sudoku. Je profite de ces longues heures recroquevillé pour entamer le gros bouquin de Naomi Klein "La stratégie du choc". Plein d’horreurs sur les méthodes employées par les ultra libéralistes de tout poil pour faire passer en force leurs théories. Méthodes basées sur les chocs (psychologique, guerriers, électriques, climatiques, …) Jeudi 3 Juillet : Arrivée à Bangkok 15h (heure locale) après 13 heures de vol. Superbe aéroport en structure tubulaire à multiples ramifications. Passé 2 h à arpenter des longueurs de galerie ou une armée de Thaïlandais et Thaïlandaises passent leur temps à faire le ménage. Bilan ça brille de partout. Et comme ils nettoient les chiottes tous les ¼ d’heure pendant 10 min, il faut faire 3 WC avant d’en trouver un accessible au public. Les couloirs sont ornées de grandes peintures qu’ils nettoient avec les techniques qu’on utilise pour la rénovation des tableaux (tulle d’absorption et petit rouleau..). A force de marcher, j’ai fini dans la salle d’embarquement, ou je me suis allongé sur une rangée de sièges libres. Une charmante dame est venu me réveiller pour ne pas rater l’embarquement…. On repart dans le même avion, avec la même buveuse de vin blanc à ma droite. De l’autre coté de l’allée, cette fois j’ai un copain de Crocodile Dundee. Génial ! Deuxième nuit recroquevillé, mais les calmants que je prends pour mes pieds ont l’avantage de me faire dormir. Vendredi 4 Juillet : 10 heures de vol et 3 heures de décalage plus tard on arrive à Sydney pour une escale de 5 heures. La zone sous douane ou nous sommes confinés est en travaux. Béton, poussière, indications variables des portes d’embarquement. Me suis fait copain avec une petite mamie (70 ans) et sa petite fille (16 ans) qui vont à Nouméa, mais ça doit être la première fois qu’elles font le voyage toutes les 2 sans un adulte habitué aux aéroports. La mamie fait confiance à la gamine (qui parlote anglais), laquelle est bien contente d’être accompagnée. A 2 on a moins peur du noir. Au détour d’un bidule en chantier, je trouve une douche chaude et gratuite… bonne aubaine. Denier décollage un peu avant midi pour Nouméa. 2,5 heures de vol et de nouveau 2 heures de décalage. Avec tous ces vols, j’ai du passé au moins 5 fois le contrôle de sécurité avec tout mon matos. Pas le moindre commentaire, à part sur le volume de mon tube de dentifrice. La copine Nadège que nous avions rencontré chez des copains de Flourens avant de partir a bien fait son travail. Une charmante hôtesse de la compagnie de bus "Arc en ciel" m’attend avec un panneau à mon nom. Sur la route entre La Tontouta et Nouméa, je reconnais vaguement le paysage, mais 10 km avant Nouméa, je ne reconnais plus rien. Ça a complètement changé, urbanisé, super marché, autoroute à péage… Le bus dessert essentiellement les grands hôtels, mais la prestation comprend une desserte locale en voiture. Donc juste avant Nouméa, le bus me largue, et un taxi m'attendait pour me mener à bon port (au fond de la baie de Numbo). Du bus, j'ai passé un petit coup de tel au chantier pour être bien sûr du code de la grille. Tout baigne! Seul petit hic, il est 17h30, et la nuit tombe brutalement avant 18h00. Je trouve sans encombre le bateau, et la clef du cadenas est la bonne, mais pas moyen de trouver ou se trouve le disjoncteur pour avoir de la lumière. Merveille de la techno, un petit coup de tel à Guillaume et le problème est réglé. Grâce à ce Fiat Lux, je découvre un bordel assez conséquent dans le bateau, car le copain Christophe a vidé les malles au plus facile sur toutes les bannettes, et le reste dans la descente (on le remercie quand-même pour le temps qu’il a passé à démerder toutes nos affaires). Je passe donc une bonne heure à dégager la place de pouvoir dormir quelque part, après un petit repas express (miette de thon sur biscotte et haricots verts froid). Il y a 2 autres bateaux habités sur le chantier, et les babas cool sont cool. Ils me proposent de m'emmener en ville le lendemain matin pour aller chercher la bagnole de loc que Nadège (merci Nadège) a réservée pour moi. Bon. Je suis cuit. Réveil prévu à 6h00 demain matin, car il faut prendre les habitudes du pays. Samedi 5 Juillet : Réveil sous la pluie. Il paraît qu'il n'a pas plu depuis plus d'un mois. J'ai vraiment de la chance…. Le voisin de bateau m'emmène presque jusqu'au centre ville, car il y a presque 10 km du chantier jusqu'au centre ville. Et évidement, le loueur est carrément de l'autre coté. Je visite Nouméa à pied au passage. Le centre n'a pas beaucoup changé, mais la banlieue est de venue gigantesque (et pleine d'embouteillages). J'ai cherché le cyber café / salle de jeux que Guillaume m'avait indiqué. Tout à l'air fermé comme si le bidule était abandonné. Je me suis rabattu sur un cyber café au centre ville à 125 francs pacifiques (soit 1 €)les 5 min. Faut pas traîner… Retour au bateau en passant par une supérette "Champion". J'ai presque rien acheté, et je m'en tire pour 80 €. Ouille ouille ouille, va falloir chercher les bons plans pour par grever le budget. Après midi à ranger le contenu des malles. J'ai trouvé de la place pour presque tout, et découvre des planques ou les anciens propriétaires ont visiblement oublié des trucs. J'ai commencé à remonter le taud arrière (au-dessus du cockpit), mais le bidule commence à être un peu cuit, alors ne faut pas trop tirer sur les œillets, et répartir les charges. Dimanche 6 Juillet : Nettoyage et farfouillage des coquerons arrières. Jeté des trucs, mais pas tant que ça. C'était surtout mal rangé. Visite Christophe avec sa famille. Ils se préparent pour leur future vie sur un grand quillard de 14 m en strongal et tirant 2,5m construit en 1998. Le programme n'est pas bien défini, mais ils veulent commencer par au moins 1 an en Méditerranée avant d'aller voir d'autres contrées moins hospitalières (baie du saint Laurent, canaux de Patagonie….). Et l'intention est de se balader 4 ou 5 ans avec les 2 marmots. J'ai profité du passage de Christophe pour ressortir du bateau les trucs lourds (survie, grand voile..). J'ai fait le singe sur le portique arrière pour enlever la plaque de contre-plaqué qui protégeait les panneaux solaires. Une merde noire s'était accumulée au-dessous, et ce n'est pas très facile d'aller nettoyer la haut sans marcher sur les panneaux. Pas le temps d'écrire mes mémoires ce soir, car je suis invité à boire l'apéro sur le bateau d'à coté. Finalement, j'ai un peu de temps après l'apéro. Ne serait ce que pour raconter l'histoire pas très drôle du bateau sur lequel je suis aller boire un coup (JADE). C'est une petite famille de 4 moins 1, car ils sont partis de France il y a 5 ans, mais la maman est morte d'un cancer du sein déclaré aux Fidji l'année dernière. Retour en France en mode panique. Ils sont revenus, Papa et les 2 gosses (7 et 11 ans) pour venir passer les vacances d'été dans leur maison flottante. Ils vont naviguer 2 mois en Calédonie, puis retourner en France pour la scolarité des mômes. C'est dommage que Guillaume ne les croise pas, car ils avaient pas mal d'infos sur les Tonga et les Fidji, et comme il navigue avec des mômes, il connaît les problèmes associés. JADE sera de nouveau au chantier fin août pour être mis à sec. Lundi 7 Juillet : Encore une journée bien remplie! J'ai commencé par re démonter le taud arrière pour accéder au-dessous des panneaux solaires, car il fallait refaire le branchement des 2 panneaux dégagés hier. Bidouiller de l'électricité les bras en l'air pendant 1 heure, ça finit par donner des crampes. Et après re re monté le taud, car il ne pleut plus, mais on apprécie l'ombre. Pris rendez-vous avec le chantier pour sortir le bateau de son trou mercredi midi, afin de karcheriser mercredi après midi. Première couche d'anti-fooling à la fraîche jeudi matin, et la deuxième l'après midi. Comme ça, ce sera bien sec pour la mise à l'eau le vendredi à la marée haute de 14 h. J'ai confirmation d'un manœuvre pour la deuxième couche. Petit tour en ville pour aller payer les droits de douane annuels, pour aller au cyber bidule, et surtout pour se renseigner auprès de la douane sur la possibilité de faire la "clearance" à Nouméa sans être obligé de quitter les eaux territoriales dans les 48 h. De bureaux en douaniers et de douaniers en guichets, j'ai fini par avoir le n° de tel du subdivisionnaire, qui m'a dit que je n'avais qu'à faire une lettre pour demander une dérogation, et qu'elle ne posait pas à priori de problème. Je vais donc faire cette bafouille demain. Je suis aussi passé voir le spécialiste MaxSea / Iridium, qui me propose de tout me mettre au carré (pour la modique somme de 5900 XPF de l'heure), à condition que notre abonnement Iridium soit compatible de skyfile. Sur le retour, quelques courses chez Leader Price, car vu les prix, il faut taper dans les produits de premières nécessité. J'ai donc fait de plein de riz subventionné, de boites de sardines, et d'oranges locales…. Plus un pack de bière, car maintenant que les panneaux solaire marche, je peux faire tourner le frigo. Retour au bateau en début d'après midi, et je me retape une santé avec une omelette au gruyère et au concombre. De l'inédit, mais quand on a une seule casserole, faut faire avec… Grand pas en avant cette aprem: démarrage du moteur. Presque du premier coup. Donc jusque là tout baigne, à part cette putain d'informatique (je dois faire un blocage!) Profitant du tuyau d'eau que j'avais demandé pour faire tourner le moteur (pour le refroidissement, pour ceusses qui n'y connaissent rien), j'ai enfin passé un coup de jet sur le pont. Faudra y passer un coup de karcher quand je l'aurai pour nettoyer la coque, car y'a des coins vraiment vraiment noirs. J’ai également commencé à regarder le gréement avant de regréer la grand voile. Pas mal de taquets coinceurs coincés. Demain, il faudra que je passe en revue tous les winches. J'ai vérifié également que le guindeau marche. Le seul problème est que je n'ai pas trouvé ou se branchait la télécommande à fil. Je ne peux le faire marcher que du cockpit pour l'instant. Riz sauce tomate, et pâté sur biscotte. Yaourt avec confiture de reine Claude: la grande vie. Demain midi j'invite Christophe au resto au frais de Guillaume. Ça va donner! Mardi 8 Juillet : Ce matin je me suis lancé dans la vidange et nettoyage des réservoirs d'eau. Mauvaise surprise: un raccord "incontournable" malgré les diverses vannes d'arrêt est fuyard (collier de serrage en plastique cassé). Pas grand chose comme pièces détachées au sujet de la flotte à bord. J'ai donc mis une heure à trouver et installer une solution qui devrait tenir en faisant une réduction de diamètre pour utiliser des raccord standard type Gardena. Pour la vidange des réservoirs latéraux, ça ne c'est pas trop mal passé, car j'ai pu les vider dans la quille et sortir la flotte avec la pompe de cale… après avoir trouvée pourquoi ça ne marchait pas, car la pompe de cale débouchait sur un tuyau fermé par un bouchon en liège, et le tuyau vers l'extérieur traînait pas loin de là. Je n'ai pas bien compris pourquoi ils avaient fait cette manœuvre, mais je garde le sujet derrière l'oreille au cas ou il y ait un lézard avec la pompe de cale. Les 2 réservoirs latéraux étaient pratiquement vide, donc pas trop de problèmes. Par contre le réservoir central était plein, et je n'ai pas trouvé d'autre solution que de pomper plus de 100 litres à la pompe à pied. J'ai le pied droit musclé (faut compter 25 à 30 coups de pompe par litre…). Interruption de ce charmant travail pour aller manger avec les Cantat en passant par la douane. Comme c’était aux frais de Guillaume, nous n’avons pas hésité à aller au resto de la marina de Orphelinat. Resto chicos… Je te dis pas la douloureuse, mais pour le service rendu par Christophe, j'allais pas jouer aux mesquins de la part de mon frère. Pour la douane, ça s'est pas trop mal passé. Le problème est que pour aller au Vanuatu, il faut faire des formalités de sortie du territoire au port de Nouméa, et seulement là. Et une fois les formalités faites, il faut quitter les eaux territoriales dans les 48 heures. Ce qui nous empêche d'aller voir l'île des pins et l'une des loyauté (Maré ou Lifou). Je suis donc allé voir le subdivisionnaire régional, avec une belle lettre manuscrite de ma blanche main lui expliquant le pourquoi du comment. Le monsieur a été charmant et a téléphoné aux sbires d'en bas pour nous laisser faire. J'ai un joli papier tamponné de sa griffe. Donc avec ça on peut de nouveau faire à peu près le circuit qu'on voulait faire. Sauf qu'avec les douaniers, le problème n'est jamais clos, car c'est moi qui vais faire la sortie de Calédonie du bateau, mais c'est peut être Guillaume qui fera les formalité de retour si jamais on échange le bateau sur la cote est. La vie est pleine d'aventures douanières… Retour au bateau via Carrefour et Bricorama. On trouve à peu près tout ce qu'on veut à des prix moins astronomiques, mais c'est à 15 km du centre ville. J'ai donc acheté une partie des trucs que je vous avais mis sur la liste à emmener. Je ne vais pas mettre cette liste d'épicier dans le journal de bord, mais je vous fais parvenir ça par message séparé. J'ai eu le contact pour faire la peinture avec moi, mais compte tenu des prix qu'il demande, et comme Christophe m'a dit qu'il n'y avait pas de problème pour passer 2 couches dans la journée tout seul, j'ai renvoyé le mec dans son hamac. De retour au bateau, je me suis occupé de remplir les réservoirs. Il y a toute une stratégie pour remplir 3 réservoirs tous communiquants, et avec 2 entrées, mais dont chaque réservoir a une altitude différente dans le bateau, et des vitesses de remplissage différente, et des trappes de visite à des hauteurs différentes également. C'est pire que les exercices de baignoires et de robinets qui fuient. Je ferai un schéma avec explication pour les suivants moins doués en hydro thermodynamique quantique. Bilan du remplissage: le réservoir central est à peu près propre et contient de l'ordre de 130 l. Le réservoir Bâbord de plus de 200 l a l'air pas trop mal, mais dès que ça va remuer, y'a des trucs qui vont flotter, quant au petit réservoir Tribord (100 l), il est carrément turbide. Je l'ai traité à double dose du produit qui va bien, mais comme on ne peut pas le soutirer sans passer par le central, je crois qu'il va rester comme ça un certain temps. C'est sûrement la raison pour laquelle il est plus sale que les autres. Il a du servir essentiellement de réservoir de "secours" et donc sans transit de flotte pour sortir la merde. Faudrait passer 2 jours à quai pour tout revider en touillant la merde, et re remplir… Je laisse le soin à Guillaume de faire ça. Pour cet été on peut faire avec les 2 autres réservoirs, surtout que j'ai stocké également 40 l d'eau traité dans des Jerrycan. Demain matin, réveil à 6h, car il faut que j'aille rendre la voiture, puis revenir en bus ici avant midi pour sortir le bateau de sa fosse. J'ai bien l'intention de m'arrêter 15 min au cyber café pour vous envoyer un petit mail au passage.
Mercredi 9 Juillet : Globalement les choses se sont passées comme prévues. Je suis allé rendre la voiture chez le loueur qui est de l'autre coté de Nouméa, car il faut passer avant les bouchons de 8h. C'est dingue, on va à l'autre bout du monde pour trouver un peu d'originalité, et on se retrouve avec les mêmes problèmes à la con de savoir à quel heure aller au boulot pour ne pas se taper les bouchons. Ici, tout le monde commence tôt, car comme il fait nuit à 17h45, la journée de travail s'arrête pour tout le monde vers 17h. Mais beaucoup de commerces et services démarrent à 7h30, voir plus tôt le matin. Le loueur commence à 6h00 je crois. Bref, la voiture était rendue avant 7h30, et je suis allé faire un petit tour au cyber pour ma petite commission du matin. Après, retour en bus par un itinéraire du type zigzag dans chaque lotissement, car ici, la marche à pied n'est pas leur tasse de thé… Le bus m'a laissé à 10-15 min à pied du chantier. Le chauffeur du bus avait l'air catastrophé pour moi. Je suis donc de retour au bateau bien avant l'heure prévue pour me sortir de la fosse. J'en profite pour nettoyer le réservoir à eau tribord, car j'ai trouvé une solution pour le vidanger sans passer par le puits de la quille. Il faut utiliser la pompe à main à piston (matériel de sécurité) et transvaser dans un seau. C'est plus efficace que la pompe à pied, car chaque coup de pompe fait un demi litre. Evidement, c'est un peu physique, et en sortant la merde du réservoir, j'ai du y faire tomber quelques gouttes de sueur. Avec cette manip, et après re remplissage, nous voilà donc à la tête de 400 à 450 litres d'eau à peu près présentable et traitée au chlorure d'argent. J'avais mis 2 flacons pour traiter 1000 l chacun, mais quand on fait du traitement de choc, il faut doubler la dose. J'ai donc presque bouffé un flacon. Pour les occupants suivants, ce ne serait pas débile de se procurer ce produit : Micropur (forte) de marque KATADYN. Petit pâté sur biscottes périmées, haricots verts et orange du pays, avant de se lancer dans la sortie du bateau de son trou. Evidement, juste au moment de s'y mettre le mec de service me dit qu'il faut démonter les bastaques et le fil de l'antenne. Et donc étayer le mat avec la drisse de GV et la balancine. Pouvais pas me le dire avant, cette arsouille ? Remarque de Guillaume qui s’occupe de mettre ce texte sur le Net. J’aurais aussi pu te le dire vu que j’ai eu la même expérience en le sortant de l’eau. La sortie s'est passée nickel (normal, on est à Nouméa!!!), et je suis maintenant posé sur 2 petits bers ridiculement petits. J'espère que les gars du chantier savent ce qu'ils font, car je vais passer quelques heures sous la bête. A commencer par 2 heures de karcher cette après midi. Le karcher (loué par le chantier, y'a pas de petits profits), est très puissant, et la coque, qui n'était pas si sale que ça est ressortie toute propre. L'ancien anti fooling a bien tenu sur le bouchin d'en haut, mais sur le bouchin inférieur et sur la quille (et le safran), on se retrouve presque à blanc. J'en ai profité pour passer un coup sur le pont qui en avait bien besoin. Par-ci par-là, la peinture se barre, car il y a du y avoir un coup de blanc cache misère pour la visite de Guillaume. Mais contrairement à notre ancienne expérience du Méteor en ferraille, quand on découvre un morceau d'alu, ça ne fait pas grogner plus que ça. J'ai même eu le temps avant la nuit de marquer la ligne de flottaison au scotch papier. Le seul truc qui me turlupine c'est qu'il crachine de temps en temps. Faut que j'écoute la météo ce soir pour savoir s'il va pleuvoir demain. Bon, j'ai gagné un whisky orange, et peut être même une petite sardine à l’échalote. A demain avec le rouleau en main.
Jeudi 10 Juillet : Ça y est, la journée la plus dure est passée. Pas grand chose à en dire, car à part avoir le rouleau à la main, j'ai eu le pinceau à la main. Mais, bon, comme je suis censé raconter mes aventures, je vais vous dire quand même. Taratata à 6h00 du mat, car il fait jour à 6h15, et il n'y a pas une minute à perdre. Début première couche d'anti-fooling à 6h30. ça va assez vite avec un gros rouleau, et la peinture est de bonne qualité (ne goutte pas, ne projette pas trop…). A 8h30 c'était bouclé. Donc 2 h par couche, et il faut compter 4 h entre couches. En peignant la coque toujours dans le même ordre, j'ai commencé la deuxième couche à 10h30 et la troisième à 14h30 (pas sur le bouchin du haut, qui était déjà en bon état avant de commencer). Comme il restait un peu de peinture et que sur la boite il y a marqué qu'il faut passer 4 couches sur les bords d'attaque, les lignes de fuite, la quille et le safran, j'ai fait ce qu'il disait en fin de journée. Entre deux couches, j'en ai profité pour débarquer l'ancienne survie et pour la percuter, car il y a le gars de la grue qui veut la récupérer pour faire une piscine de jardin à sa fille. J'ai piraté tout ce qui était récupérable dedans: torche, écope, filin, matériel de pèche, …. C'était tout de même du bon matériel, car les dates de péremption étaient de 1999. Faut dire que j'ai pas goûté aux rations de survie, ni aux packs d'eau. Seules les piles de la torche avaient franchement l'ai malade. Ça fuit et ça coule les vieilles piles. Avec le bateau posé sur son ber, j'ai enfin trouvé ou était le passe-coque du loch: sous le plancher des chiottes. Comme si on avait besoin de savoir à quelle vitesse on avance quand on est sur le trône!! Remarque, finalement, c'est peut être pas si bête que ça, car je me souviens que sur les bateaux des Glénants à matériel minimaliste, on utilisait le loch à caca. Le principe était le suivant: comme il n'y avait pas de chiottes à bord, la solution pour se soulager était d'aller déféquer sur le balcon avant sous le vent, caché derrière le foc. Quand l'étron faisait plouf, un équipier à vue perçante déclenche le chronomètre, et l'arrête quand le bidule flottant passe au niveau du tableau arrière. Connaissant la longueur du bateau et le temps entre les deux événements, on pouvait calculer la vitesse…. Elémentaire mon cher Watson. Demain, autre grand jour, car c'est la mise à l'eau. Je vais donc aller prendre un repos bien mérité, bouquiner un peu en écoutant RNC (Radio Nouvelle Calédonie), puis faire un gros dodo. Y'a rien de bien à la téloche ce soir. Vendredi 11 Juillet : Grasse matinée jusqu'à 6h15 ce matin, car je n'ai plus grand choses à faire sur le bateau tant qu'il n'est pas à l'eau. Hier j'ai pris rendez-vous avec un manœuvre du chantier à 7h00 pour qu'il me prête une scie circulaire. J'ai besoin de faire des saignée dans une planche en bois trouvée à bord et qui devait être destinée à l'usage que je vais en faire, à savoir remplacer la planche de fixation d'un des deux moteurs hors bord. Le type me prête sa scie avec quelques conseils en prime (mer scie). Petit coup de fil d'Anne Lise qui est bientôt en vacances. J'avais aussi convenu avec le kanak a qui j'ai donné la piscine de soulever le bateau bien avant l'heure de la mise à l'eau pour avoir le temps de passer 2 couches d'anti fooling aux endroits inaccessibles quand il est posé sur son ber. Je me retrouve donc pendu par les sangles vers 11h00. Le mec est sympa: il a été me chercher des cartons pour les glisser entre la coque et les sangles pour ne pas blesser la peinture qui n'est pas encore très résistante après moins de 24h de séchage. Par contre, le patron, toujours aussi pas sympa. Le genre du colonial qui est là uniquement pour faire du fric, et méfiant comme une vieille bigote. Il m'a prévenu qu'il ne me mettrait à l'eau que si je payais mes arriérés. Mais il n'accepte pas la carte bleue, et facture 2800 CFP (25€) pour accepter un chèque en Euros. Heureusement qu'il y a le copain Christophe de service qui vient me voir ce matin pour faire un chèque en CFP, et moi je lui fait un chèque en Euros. Entre deux couches, j'ai refais le "sec" au fond du puits de la quille sur les conseils éclairé de mon frère. C'est toujours crade et inaccessible ces coins là. J'ai vérifié également tous les passes coques pour ne pas avoir de surprise à la mise à l'eau. Plouf entre 15 et 16 h. Rien d'anormal. Pour l'instant je reste amarré à la darse, car comme le chantier est fermé le week-end, je ne dérange pas. Je remonte les bastaques avant de tomber le mat, puis, je démarre pour de bon le moteur. Ça tourne et ça fait du bruit comme un moteur. Pendant que ça fait du bruit dedans, je m'occupe dehors, et commence enfin à faire un tour du gréement. Petit tour en tête de mat avec les échelons, mais en ayant mis un harnais à double mousquetons pour être toujours accroché. Ça a l'air sain la haut, et ça me permet de faire le tri entre les drisses. Commencé à gréer la grand voile, mais il fait déjà nuit. Je finirais demain, car je ne veux pas me lancer dans la première "traversée" jusqu'au mouillage de Nouméa uniquement au moteur sans avoir les voiles à postes. On ne sait jamais! D'autant que je ne peux pas non plus compter sur l'annexe…. vu que je n'ai pas encore testé les moteurs hors bord. Le petit Yamaha a intérêt à marcher, car le gros Suzuki n'a pas de nourrice ni de tuyau d'essence. Bonne surprise pendant que je me fait ma popote: coup de tel de la mère qui est rentrée chez elle après un mois d'hôpital. ça lui fait plaisir d'être chez elle, et de m'avoir au téléphone. Tout le monde est content, la vie est belle, sauf pour la pauvre Annette qui s'est cassé la binette et le col du fémur. C'est du soucis les grands-mères en ce moment…
Samedi 12 juillet : Debout aux aurores une fois de plus, car c'est aujourd'hui qu'on vérifie si le bateau flotte et si le moteur marche plus de 5 minutes. Avant de prendre la direction de Nouméa, je finis de gréer la grand voile et le génois. C'est pas facile à faire tout seul, car pour endrayer le génois, il faut guider le bord d'attaque dans la saignée de l'enrouleur, et être en même temps au pied de mat pour wincher la drisse. Je suis donc obligé de faire ça par tronçons de 20 cm avec aller retour entre étais et pied de mat à chaque fois. Vérifié les fonds. Pas de fuites cette nuit, mais j'ai eu une petite info alarmiste au sujet des presse-étoupes restés au sec pendant longtemps. Petit coup de fil à Guillaume pour savoir s'il a eu des instructions particulières. Néant, et en trempant toute la nuit, les éventuelles bulles d'air ont du être chassées. Par contre les WC ne marchent pas. Pas trop grave pour l'instant, mais va falloir faire de la plomberie… Dernière vérification avant de partir: faire un essai de mouillage. Super le guindeau électrique, sauf que je n'ai pas trouvé ou se branche la télécommande à fil. Je suis donc obligé de manœuvrer le guindeau à partir du cockpit, et je ne vois pas ce que je fais. La logique veut que cette télécommande soit utilisable par un gus debout à coté du guindeau. Il faut que je trouve cette prise avec la longueur de câble qui va bien. C'est parti vers 10h. Petit vent de sud est 15 Nœud. J'ai une demi-douzaine de miles à faire pour faire le tour de la presqu'île de Nou jusqu'au mouillage devant port Moselle. Tout se passe bien, surtout que j'y vais cool cool. Il a fallu que je me batte un peu avec le pilote automatique, car il y en a deux de deux marques différentes mais avec la même connectique externe, et tout est rentré dans l'ordre. Arrivé à port Moselle juste à l'heure de se mettre les pieds sous la table. Une petite salade riz haricot verts relevée d'une petite paire de sardines à la tomate. Gastronomique! Après midi décevante, à part la remise en état des WC. C'était juste les clapets des joints un peu collé. Un coup de scotch britte sur tous les joints et toutes les portées, et roule ma poule. Le coté négatif est que je suis coincé sur le bateau par manque de moteur d'annexe. Le gros moteur n'a pas de nourrice, et le petit ne veut pas démarrer. En plus la petite annexe a un petit trou. Elle perd doucement mais sûrement. J'ai passé 2h à faire de la mécanique de carburateur sur le petit HB, mais il ne veut pas marcher plus de 5 secondes. Je crois savoir d'où ça vient, mais je ne suis pas sur de pouvoir réparer. On verra ça demain. Coup de fil de Guillaume qui m'assure qu'il devrait y avoir la nourrice du gros HB. Si jamais elle est sur le bateau, elle est drôlement bien planquée, car je commence à avoir tout visité.
Dimanche 13 juillet : Objectif de la journée: trouver une solution pour aller à terre. Donc soit trouver la nourrice du Suzuki, soit faire marcher le petit Yamaha, soit y aller à la rame ou à la nage. J'ai fait la petite réparation que je pensais être la cause du manque d'enthousiasme du Yamaha, et ça a failli marcher. Mais je ne suis pas arrivé à le démarrer plus d'une fois, et la bête dégouline un jus noir qui a dégueulassé la petite annexe. Les moteurs, c'est vraiment une source d'emmerdement… comme l'informatique…. J'ai donc abdiqué sur le petit moteur, et je me lance dans une revisite complète du bateau. Je "découvre" deux coffres pleins de bidules à l'avant. Y'a des trésors, mais pas de nourrice pour le hors bord. En parallèle à mes activités de fouille, je répare le petit trou de l'annexe, ça peut toujours servir (et pendant tout ce temps, j'ai droit à la messe sur RNC). Comme l'alizé souffle assez fort, et que je suis sous le vent de port Moselle, il faut ramer à contre vent pour se rendre à terre. Comme je suis obligé d'en passer par-là, je commence par déplacer l'Elestrenn pour me rapprocher au maximum du coin à débarquer. Je suis obligé de m'y reprendre à deux fois, car il y a 9 m d'eau, et donc il faut mettre au moins 25 m de chaîne. Le cercle d'évitement est donc assez grand, et il ne faut pas se cogner aux autres (car je ne suis pas le seul à essayer d'être au plus près!!). Le guindeau électrique, c'est bien (ça y est, j'ai trouvé la prise de la télécommande), mais il faut régulièrement aller répartir la chaîne dans le bac pour ne pas bloquer le système. Décidément ce bateau n'est pas bien adapté à la navigation en solitaire. Deux personnes sont souvent indispensables pour faire les choses "bien". Me voilà donc à une centaine de mettre de la digue. Je tente le coup à la rame entre deux rafales. Bingo. Et en plus, le cyber est ouvert le matin, et il y a le marché sur la place. Je vais pouvoir m'acheter du chou pommé, des concombres et des mandarines. Sur le chemin du retour, je fais le détour par tous les pontons pour demander si quelqu'un n'aurait pas par hasard une nourrice de rab. La réponse est en général non, et en plus, le tuyau d'alim est spécifique de la marque (au niveau de la connectique moteur). J'ai fini par trouver un bateau qui a exactement ce que je veux, mais le mec est parti pour 8 jours. Je vais tout de même pas lui piquer sa nourrice, surtout que ça fait une heure que je demande à tout le monde. Si dans 8 jours le mec rentre et ne retrouve pas sa nourrice, je serais le coupable tout désigné. Et puis, je continue à espérer que la fauche ne se fait pas entre "gens de bateau". Faut bien avoir quelques valeurs. Je suis donc bon pour aller à la zone technique de Nouville, de l'autre coté de la rade, mardi matin (car demain c'est le 14 juillet!!) pour espérer trouver une solution. De retour au bateau au vent portant (plus facile à ramer), ou je me fais une orgie de choux au concombre avec un œuf dur (plus un petit whisky!). Après midi bricolage divers: installation des lazzy Jack, vérification des filières, mise en place des ris (2 seulement, car je ne compte pas naviguer avec des conditions pour 3 ris…). Je gonfle également la grosse annexe, car Guillaume à raison: la petite est bien pratique pour se dépanner à la rame, mais pas question de monter à plus que 2 la dedans. La grosse annexe est moche, mais elle à l'air de tenir la pression (sauf le boudin de quille). En essayant de la gonfler assez fort, j'ai explosé la pompe à pied. Donc réparation à base de bouts de ficelle et de scotch. Va peut être falloir aussi acheter ce truc. La tirelire de Guillaume va être en mille morceaux. J'ai repéré un tuyau d'eau pas trop loin de là où j'ai accosté ce matin. J'y retourne donc juste avant la nuit pour me prendre une douche. En débarquant sur les blocs de la jeté, je me suis cassé la figure et griffé tout le mollet droit: c'est malin! Pendant ce temps, j'avais mis le téléphone Iridium en charge. A mon retour, je l'allume, puisqu'il est censé être actif, et ça marche. Petit message de Ludo pour me souhaiter du courage. Demain: fête nationale. Tout est fermé, même le cyber café. Je vais en profiter pour essayer de me familiariser avec MaxSea, essayer d'y connecter le GPS, et si j'ai la pêche, peut être tenter la liaison météo par Iridium. A moins que je fasse le singe pour monter l'Eolienne, car l'informatique qui merde, ça me gave vite. Lundi 14 juillet : Hier soir pour fêter dignement le 14 juillet, nous avons eu droit au feu d'artifice. Il devait se dérouler sur la place des cocotiers, mais du mouillage on voyait très bien. Un vrai feu d'artifice du 14 juillet. Ce matin réveil en fanfare. En vrai fanfare. Ils sont matinaux ces militaires, et ils révisaient les morceaux du défilé. Je suis donc allé faire un petit tour à terre pour voir le branle bas de combat. Tout le monde se préparait pour le défilé qui commence à 9h00. Tout le beau linge était là. Les militaires en grand U, les marins tout de blanc vêtus, la police brillant de tous leurs cuivres. Ce qui est marrant, c'est que les kanaks regardent ça d'un œil un peut amorphe en se demandant vraiment pourquoi tout le monde s'agite comme ça. N'empêche, que tout Nouméa est le long de l'avenue ou se fait le défilé, car les occasions de se distraire sont plutôt rare par ici. On a même eu droit aux hélicoptères de l'armé. Bien que nous soyons un jour férié, je trouve tout de même du pain et des yaourts chez le Chinois du coin, car j'ai décidé de bouger le bateau pour être à coté de la zone technique de Nouville pour résoudre les problèmes moteur et informatique. Je préfère bouger le bateau ce matin, car en général le vent forcit dans la journée, et apponter tout seul avec du vent, ça risque d'être craignos. Je traverse donc la rade de Nouméa, et me met au quai de la zone technique. Pas un chat pour me filer un coup de main avec les aussières, à part le responsable sécurité qui me fait remarquer que je n'ai pas le droit de me mettre là. Super! Mais j'y reste tout de même. Comme prévu, j'essaye de me démerder avec les trucs informatiques, et je n'y arrive pas. Il faudra donc que je m'offre les services du shipchandler spécialisé dans MaxSea et Iridium pour résoudre le problème contre monnaie sonnante et trébuchante. Ici tout se paye!!! Entre deux galères informatiques, j'ai commencer à remonter l'éolienne. Il a fallu que je raboute les fils électriques, et j'en ai profité pour essayer le fer à souder. Ça marche plutôt bien, et en plus j'ai fini par trouver comment marche le transfo 12V / 220 V de la table carte: il avait un interrupteur caché! J'ai aussi fait un petit tour de la zone technique pour discuter avec les uns et les autres. J'avais oublié de dire qu'en essayant d'avancer sur le moteur 8cv Suzuki, j'ai eu deux autres mauvaises surprise (en plus du manque de nourrice). La rotation droite gauche est grippée, et quand j'ai essayé d'enclencher la marche avant, le levier a cassé à ras du bloc moteur. Le mec de Suzuki qui est fermé aujourd'hui, mais qui était en train de bricoler pour lui m'a dissuadé de faire réparer ce moteur. Les Suzuki ne se font plus en 2 temps, et le prix de la réparation plus nourrice fait la moitié du prix d'un neuf. Alors, coup de tel à Guillaume et on a décidé qu'on était plus à ça près. Je vais donc essayer de trouver le meilleur rapport qualité prix en moteur 4 temps dans la gamme des 4 cv à nourrice intégrée. Petite lessive sur le quai, et on va passer à autre chose.
Mardi 15 Juillet : Dès la première heure je vais lécher les bottes du responsable de la zone technique pour avoir le droit de rester quelques jours, le temps de régler les problèmes de moteur. Un vieux grognon qui commence par râler très fort après le gars de la sécurité qui m'a laissé m'installer hier, et qui me fait comprendre tout de suite que le parking est payant. Evidement, exceptionnellement, le mécano de chez Yamaha a des courses à faire ce matin, et au lieu d'âtre là vers 8h, il sera là plutôt vers 10h30…. Je retourne chez Suzuki qui me confirme que ma vieille rogne a besoin d'au moins 30 000 CFP de frais de remise en état, et qu'il n'a pas le temps de faire ça en ce moment. Faut dire qu'il est très occupé à faire briller son beau 4x4 tout neuf. Les gros 4x4 sont une passion locale… Il arrive à me convaincre que pour le double je peux acheter un moteur neuf. J'appelle au secours Christophe pour qu'il me fasse le taxi dans la zone industrielle de Ducos où sont installés tous les concessionnaires marins. Christophe est de permanence à la clinique vétérinaire, mais entre 2 chien-chats, il passe quelques coups de téléphone et me dégotte une promotion de chez Mercury: 63 000 CFP (535 €) pour un 3.3 CV. Pendant ce temps là, le mec de Yamaha est revenu, a regardé le moteur pour 6000 CFP et changé la membrane du carburateur que j'avais diagnostiquée. Le gars est sympa et m'assure que le moteur est usé (plus de compression, et joint de culasse trafiquée), alors qu'il ne faut pas trop compter dessus… Raison de plus pour acheter un moteur neuf. Avoir une merde à bord, soit! Mais deux, c'est un coup à vous gâcher les vacances. Donc Christophe vient me chercher pendant sa pose déjeuner, et on va acheter le petit Mercury. Me voilà à la tête de 2 petits moteurs qui marchent, dont une rogne. J'ai pris également rendez-vous avec le spécialiste MaxSea – Iridium pour Jeudi. Je n'ai donc plus rien à faire à la zone technique. Je vais donc régler mes dettes au râleur du port et retourne au mouillage de port Moselle (gratuit). J'ai décidé de relouer une voiture dès demain pour faire un premier avitaillement chez Carrefour, comme ça on n'aura plus qu'à compléter quand la bande des 3 autres sera là. Au mouillage de Moselle j'essaye le Yamaha réparé sur la grosse annexe. C'est vrai qu'il a l'air un peu chétif le bougre, mais le tableau arrière de l'annexe est dans un état à ne pas recevoir beaucoup plus puissant… En plus avec son manque de compression, il bouffe 12 litres au mile… Je n'ai pas eu le temps d'essayer le beau Mercury tout neuf, mais il ne devrait pas poser de problème. Mercredi 16 Juillet : Je commence par aller chercher la Twingo chez le loueur à une demi-heure de marche. En discutant la veille sur le port, j'ai appris qu'il y avait d'autres marinas un peu plus au sud, plus sympa et moins cher que Port Moselle. Je vais donc me renseigner (en voiture). C'est vrai que c'est moins cher, mais ils n'ont pas de place pour les visiteurs, et ça fait vraiment loin du centre ville. Je me rabats donc sur Port Moselle pour essayer d'avoir une place à quai pour la nuit de jeudi à vendredi, car je me vois mal faire le yoyo en annexe fatiguée et pleine d'eau à 2h du matin. Et là, mauvaise nouvelle! Pas de place non plus. Je fais du gringue à la préposée, qui me rappelle 2h plus tard pour me dire qu'elle m'a trouvé une petite place mais pour 2 jours maximum et à partir de demain seulement. Roule… car à 2700 CFP (23€) par jour, je n'ai pas l'intention d'y rester des semaines. Mais au moins pour la nuit du transbordement, ce sera plus facile. Course à carrefour… sans commentaires. Par contre comme je suis toujours au mouillage, je suis obligé de faire des allers retours en annexe en essayant de ne pas faire tremper le PQ ni les nouilles. 3 voyages pour remplir un peu les coffres. Petite toilette pour être présentable, car j'ai rendez-vous avec Nadège à 17h00 pour faire l'échange des Vatus (monnaie Vanuatu), et pour aller se faire un petit resto. Nadège m'a fait faire un petit tour de touriste sur les hauteurs de Nouméa d'où on voit bien la baie avant d'aller se jeter un apéro, puis des crevettes à la purée de chouchoutte. Petit resto sympa, et prix déjà plus abordable que celui de Christophe. Retour au bateau de nuit, en priant que le vieux moteur ne fasse pas de crise. Jeudi 16 Juillet : Grasse matinée jusqu'à presque 7h00. Ce soir, ça va être long car je vais chercher les autres à 0h40 à Tontouta. Je quitte donc le mouillage pour aller me mettre à un ponton flottant en épis entre une multitude de bateaux plus ou moins beaux, mais souvent plus luxueux que le nôtre. Je fais une manœuvre presque parfaite, et cette fois un gentil vieux monsieur me donne la main pour attraper la première amarre. Journée nettoyage, rangement, préparation pour faire de la place aux autres. Je dégonfle, rince et range la petite annexe, et je profite de la place et de l'eau douce pour essayer aussi de réparer le fond de la grosse. Je suis obligé d'y coller deux rustines de 30 par 40 cm car de grandes régions du fond sont poreuses. La colle Gel Néoprène est pas mal, et en préparant les surfaces à l'acétone, ça a l'air de donner un résultat acceptable. Par contre je ne suis pas sur d'avoir bouché tous les trous. Au moins les plus importants. En début d'après midi, je suis allé voir le revendeur MaxSea. Il m'a installé (gratuitement) l'outil miracle (Skyfile) qui devrait résoudre tous mes problèmes pour avoir les fichiers météo par Iridium. Il n'y a plus qu'à avoir une adresse skyfile pour que ça marche. Le mec fait même la demande d'adresse pour moi et me rappelle en fin de journée pour faire un essai. Raté! Et merde de re-merde. Faut que je retourne le voir demain. Avec Skyfile, comme avec le kit data que Guillaume avait acheté, le téléphone prend bien la ligne, mais pas moyen d'envoyer ou de recevoir un Email. Et à chaque essai on bouffe des unités Iridium… Toute la journée, j'ai usé et abusé du courant sur le bateau, croyant être sur le chargeur de quai. Mais bizarrement, la tension des batteries descend doucement. Y'a un truc pas clair. Je décide de me replonger dans les schémas électriques du bateau, et finis par découvrir ou est l'interrupteur de charge. Il était temps, car comme je ne suis pas bien sur du montage, j'avais aussi déconnecté les panneaux solaires. Tout faux ! Mais maintenant, une bonne nuit de charge, et c'est reparti comme en 2014. Je crois que je vais en rester là, et aller bouquiner un peu en attendant l'heure d'aller à l'aéroport. Vendredi 18 Juillet: L'avion est arrivé à l'heure, mais avec toutes les choses bizarres qu'ils transportaient, le passage de la douane à été un peu laborieux. Le fusil de pèche sous-marine en pièces détachées, la scie à métaux ….ont semblé étranges aux douaniers. Retour au bateau vers 3h du matin et tout le monde était d'accord pour faire un gros dodo. Je mes suis levé avant tout le monde pour aller faire un tour au cyber café et aller chercher du pain frais. Contact tel aussi avec revendeur Iridium qui ne trouve pas la solution à notre problème d'envoi de messages. La troupe ouvre un œil vers 10h et commence à décharger toutes les affaires. Il faut de nouveau essayer de trouver une place à chaque chose avec un peu de logique. Petite visite superficielle de Nouméa, et tentative de se recaler à l'heure locale. En fin de journée on va au petit sommet de l'anse Vata pour voir le panorama de toute la baie de Nouméa. Samedi 19 juillet : Répartition des taches un peu classique, mais ça reste la plus efficace. Les femmes vont faire les courses au carrefour de la banlieue, et Ludo et moi-même commençons à faire un petit tour du bateau et du moteur. Après midi touristique en allant visiter l'aquarium, et une brève excursion jusqu'au centre culturel J.M. Tchibaou. Mais on arrive trop tard pour avoir le temps de voir ne serait ce que l'architecture externe. On quitte la place au quai de Moselle pour retourner au mouillage externe. C'est l'occasion d'essayer pour la première fois le nouveau petit moteur Mercury. Me semble bien suffisant pour l'annexe qu'on a dont le tableau arrière a déjà été réparé 10 fois et qui ne supporterait probablement pas un moteur beaucoup plus puissant. Dodo de bonne heure. Dimanche 20 Juillet : Petit tour en mer jusqu'à l'îlot maître qui est équipé d'un hôtel resto à paillotes et qui est la destination favorite d'une bonne partie des voileux du dimanche du coin. C'est tellement couru qu'il y a cette salle race de scooter des mer qui vrombissent autour des bateaux au mouillage. Cette première sortie nous permet de commencer à prendre nos marques sur le bateau et de savoir où sont les manœuvres. Pas de découvertes particulières. Le bateau à l'air sain, sauf qu'on a une fuite d'huile et d'eau d'origine mal définie qui s'accumule dans le puits moteur. Plus une micro fuite de fuel qui embaume les cabines arrières. Lundi 21 Juillet : Ludo et Muriel vont traîner en ville et faire encore les "dernières" courses pendant que je vais avec Anne Lise faire le formalités de "Clearance": Douane, Police et formalités portuaires. Ces dernières consistant à échanger les 2 papiers fournis par les 2 premiers par un troisième disant : "bon pour sortie". On se dirait dans le film Brazzil. Mais on a de la chance, toutes les formalités ont été bouclés en moins d'une heure. Avant la douane, j'ai repassé presque une heure avec le revendeur Iridium, et on n'arrive pas à faire marcher le machin, à savoir que l'envoi pour la réception de messages vers une messagerie échouent à chaque fois. Par contre la veille je suis arrivé à avoir un fichier météo en me connectant directement sur le site de Usgrib. J'ai donc une solution opérationnelle pour avoir la météo avec Iridium, mais c'est "fâchant" de ne pas y arriver avec la solution skyfile ou meteo chopper qui marche pour tous les autres. Nous avons donc tous les papiers et autorisation pour quitter le territoire demain matin, à destination de Tanna (Vanuatu) avec permis spécial pour passer par l'Ile des pins et les loyautés. Nouvelle tentative pour aller voir le centre culturel qui est fermé le lundi. On se rabat donc sur l'aquarium, puis on va faire un tour sur la presqu'îles de Nou avant d'aller rendre la voiture. Mardi 22 Juillet : Réveil aux aurores pour aller au marché aux fruits et légumes avant de prendre la mer et avant même le petit déjeuner. On lève l'ancre à 7h30 et prenons le petit dej avec les croissants en sortant de la baie de Nouméa au moteur (pas un pet de zeff). L'objectif est de passer le détroit de Woodin (entre la grande terre et l'île d'Ouen) avant la renverse de la marée. La météo prévoit un mauvais passage de vent de NE puis N tournant à l'Ouest pour la fin de la semaine. Nous décidons donc d'aller dans la baie de Proni (réputée trou à cyclone) pour laisser passer cette dépression avant de nous rendre à Lifou. Nous irons peut être à l'île des pins au retour. Après 4h de moteur, le thermique finit par nous pousser un peu et nous finissons le passage de woodin juste à la renverse. Il a même fallu remettre un peu de Perkins pour se sortir de tourbillons de fin de chenal. Nous arrivons juste à la nuit tombée dans un des mouillage de bonne anse de Prony. Mission accomplie pour la journée, et première navigation sans encombre. Nous avons découvert les sources de fuite d'huile et savons à peu près ce qu'il faut faire pour améliorer la situation. Profité du petit temps pour finir de remonter l'éolienne. Mercredi 23 juillet : Nuit très calme… Bulle dans la baie de Prony. Petite ballade au sommet local (pic N'doua) d'où l'on voit la passe de la Havanna et l'Ile de pins et l'île d'Ouen. Au loin, des baleines qui semble souffler et quelques bateaux de "whale watchers" autour. La météo nous prévoie une dépression pour vendredi. Nous décidons donc de passer 3 jours dans la baie de Prony en attendant le retour du beau temps. Jeudi 24 Juillet : Prise de météo par Iridium et Ugrib: confirme le précédent bulletin envoyé par Guillaume et qu'on avait récupéré au cyber café avant de partir de Nouméa. Changement de mouillage tranquillement en traversant la baie de Prony au portant et sous génois seul. Nous allons dans la petite anse Sebert juste en face de l'ancien village de Prony ou il y avait le bagne des exploitants forestiers. Petite balade à terre, visite du site. Le coin a l'air d'être connu comme destination de balade car on croise pas mal de monde. Changement de mouillage pour aller tout au fond à gauche de la baie de prony dans la baie du carénage, réputée pour être un trou à cyclone. C'est évident, vu la longueur du chenal que le coin est bien planqué de toutes les vagues. Par contre au niveau du vent, c'est très variable car dans l'alignement des vallées le vent se renforce. C'est un excellent mouillage pour les bateaux de taille suffisamment importante pour mouiller par 30 ou 40 mètres. Nous on essaye d'aller mouiller par moins de 10 m d'eau pour ne pas avoir un cercle d'évitage trop grand. Vendredi 25 Juillet : Le vent est arrivé comme prévu pendant la nuit. Une belle petite dépression creuse (1000 mbar) qui passe juste au sud de la N.C. Bilan un vent de 25 à 35 N, avec des pointes à 40 qui tourne de l'est à l'ouest en passant par le nord. Nous passons donc toute la journée au mouillage à entendre l'éolienne se faire des supers coups d'accélération. En début d'après midi, nous rallongeons le mouillage de 15 m car ça tire fort dans les rafales à 40 Nœuds. Le bateau ne dérape pas, nous en profitons pour aller faire un petit tour à pied sous la pluie et faire un peu de lessive dans un torrent. Au retour nous modifions le mouillage avant, car celui ci n'est constitué que de 50 m de chaîne sans bout au bout. Nous "épissons" donc une aussière de 20 m au bout de la chaîne. Normalement, le vent devrait finir de tourner vers l'ouest cette nuit, et demain matin il devrait s'établir au sud pour 48 h. idéal pour prendre la route de Lifou. D'autant que la marée est dans le bon sens pour passer la Havanna dans l'après midi. Mauvaise surprise du soir. En pompant la merdouille sous le moteur, la pompe de cale principale se casse à la jonction entre le manche et la came de pompage. Démontage de pompe au programme. On sort la pièce cassée en plastique (de merde), et oh surprise, je comprends enfin à quoi sert un bidule que j'avais vu dans un fond de caisse à outil. La même pièce mais en alu! Heureusement que j'avais fais une visite de presque toutes les boites et coffres du bateau. Il faudra que Guillaume en fasse autant et garde en mémoire tous les trucs qui traînent. Le pense-bête de rangement que j'ai fait n'est pas assez détaillé pour ce genre de bidules. Samedi 26 Juillet : La prévision météo était bonne. Le vent à bien tourné au sud ouest, mais la dépression doit être un peu plus longue à s'évacuer que prévu, car au fur et à mesure que nous sortons de la baie de Prony, nous sommes obligés de réduire la toile. Nous finissons la sortie sous 2 ris et un mouchoir de poche à l'avant. Pour virer le cap Ndoua qui est la pointe extrême sud est de la grande terre, nous affalons la grand voile et le bateau caracole à plus de 7 nœuds sous 5 m2 de génois dans des rafales à plus de 30 nœuds. En continuant comme ça, nous allons être largement en avance sur la marée pour passer la passe de la Havanna. Cette passe est réputée pour avoir un mauvais mascaret quand il y a vent contre courant. Avec le vent de sud, il faut donc sortir par marée descente. Nous décidons donc de faire une escale dans port Boisé, qui est une baie facile d'accès et bien balisée quelques miles avant la Havanna. Ça faisait longtemps que je n'étais pas monté dans les barres de flèche pour regarder le platier d'en haut pour rentrer à port Boisé. On a beau avoir le GPS, MaxSea et tout, il est rassurant de voir ou est le chenal pour bien s'engager au milieu. Le vent reste fort et nous avons presque du mal à étaler au moteur pour remonter au fond de port Boisé pour trouver un fond adapté au mouillage. Nous attendons quelques heure dans l'anse en attendant la renverse. Ludo essaye de pêcher avec de vieux lardons moisis qui font fuir les poissons. Il avait eu plus de chance 2 jours avant en appâtant au chorizo. Il avait sorti 2 petits poissons rayés jaune vertical que nous avons remis à l'eau. Pendant ce temps je trafique les tuyaux de la pompe de cale manuelle pour essayer de pomper jusqu'à la dernière goutte là où les fuites moteurs et presse étoupe s'accumulent. 14h. C'est l'heure de partir direction Lifou. Le vent reste soutenu et nous passons la Havanna sous 1/3 de Génois dans une eau un peu bouillonnante car entre le courant et la mer qui ne correspond pas au vent ça remue dans tous les sens. On s'écarte de la cote puis prenons cap sur l'Ouest de Lifou (cap au 355 pour 90 miles). Anne Lise, Muriel et moi avons besoin de nous amariner un peu. Mais Muriel décide tout de même de nous faire un rata de riz carottes oignons. C'est Ludo qui finit de travail commencé par Muriel car elle a besoin de s'aérer un peu. Après cet excellent bol alimentaire qui tient au corps nous entamons des quarts de 1h30 à 2h00, mais le vent molli et tourne définitivement au sud. Nous commençons la nuit à 6 nœuds sous 1/2 génois, pour finir à 2nœuds sous génois complet à 3h du matin. Avec le reste de houle c'est la situation typique du bateau rouleur et bruyant. Dimanche 27 Juillet : Avec notre super vitesse hier soir, on craignait d'arriver sur Lifou de nuit. Nous voilà contraint de mettre le bourin en route vers 8h30 car la pétole de sud est établie. 3 heures de moteur ce matin. Ça reprend un peu, mais nous avons un mal de chien à atteindre la pointe sud Ouest de Lifou (Cap Lefèvre), alors vers 14h on remet la risée Perkins, car il y a encore 10 miles à faire entre le cap et le mouillage de Chépénéhé. On profite de tout ce temps pour essayer diverses lignes de traîne (sans succès) et pour faire un peu d'entretien: remonté le hale bas de baume, et désosser les taquets coinceurs des ris qui coincent rien, et qui sont durs à la manœuvre. Je les fais tremper dans de l'eau douce chaude et vinaigrée pour essayer de sortir le sel…. Dans la grande baie de Lifou nous avons droit à la visite d'un banc de dauphins. Toujours aussi beaux et à l'aise dans l'eau. Mouillage devant le petit village de Chepenehe. On a le temps d'aller faire un petit tour à terre pour découvrir l'épicerie locale, et surtout aller faire la coutume au près du village. Muriel avait préparé un petit paquet avec un coupon de tissu un paquet de tabac et un briquet. Grâce à cette tradition nous avons le droit de séjourner quelques jours sur les terres de la tribu. Nous apprenons que le chef des chefs vient de mourir et que l'enterrement est prévu pour mercredi sur Lifou. Tous les gens à Lifou sont très aimables et tout le monde nous dit bonjour comme si on était là depuis des mois. Téléchargement d'un nouveau fichier météo qui nous prévoit une nouvelle dépression pour demain soir. On n'a pas de chance car en général à cette époque il y a un beau temps établi. Voilà 2 dépressions coup sur coup qui nous obligent à réviser notre emploi du temps. Nous décidons donc de rester quelques jours à Lifou en attendant que ce mauvais temps s'évacue avant de partir sur Tanna. Tout le monde est au lit de bonne heure car avec les nuit précédente de navigation, nous manquons tous un peu de sommeil. Dodo avant 9h00. Lundi 28 Juillet : Temps médiocre avec la pluie qui se pointe. Anne Lise et moi partons en ballade à pied sous la pluie pendant que les autres restent à bord (écriture et natation au programme pour eux). Nous allons jusqu'au bout de la baie en nous prenant une bonne saucée. Heureusement un petit rayon de soleil nous permet de nous sécher sur le retour. L'après midi, inversion des rôles. AL et moi allons faire un peu de PMT (Palme Masque Tuba). Le corail n'est pas très beau, mais il y a tout de même quelques jolis petits poissons. A la petite épicerie nous refaisons le plein de pain de PQ et de Sopalin. Pas grand chose d'autre d'intéressant à acheter dans cette boutique, alors qu'on espérait trouver quelques fruits et légumes. On profite aussi de cette escale pour refaire le plein d'eau. Pour info, nous avons consommé 80 litres à 4 en 7 jours. Ce qui est très raisonnable. Avec nos 400 l de réserve, nous avons donc à priori assez d'eau pour faire la quinzaine de jours prévus au Vanuatu sans avoir à nous poser de questions. Petite investigations et réglage de l'éolienne. Le régulateur intégré était réglé trop bas et nous ne profitions pas au mieux de ses capacités. Erreur corrigée. Pendant nos promenades respectives, nous avons repéré une balade "botanique" avec un guide local. Rendez vous est pris pour demain matin. Mardi 29 Juillet : Le temps se dégrade comme prévu et la pluie est vraiment là. Nous allons à notre rendez-vous botanique, mais le guide nous suggère d'aller d'abord déplacer le bateau à un endroit plus sur, car la baie est très ouverte sur l'Ouest et le vent tourne et se renforce très nettement. Suggestion retenue, d'autant que la balade sous la pluie est bien compromise. Nous avions l'intention de faire cette manœuvre après la balade, mais il est effectivement plus prudent de le faire maintenant. Nous nous déplaçons donc de 1 bon mile vers l'Ouest en passant du village de Chépénéhé à celui d'Easo, puis après un petit repas à base de pain et pâté (plus bananes grillées) nous retournons à la balade botanique. Nous découvrons diverses essences et les vertus médicinales de celle ci. Le guide n'est pas tout jeune et a pas mal bourlingué, il est donc intéressant d'écouter toutes ses histoires, même si de temps en temps ça fait un peu folklorique. Retour au bateau en fin d'après midi. Le vent ayant bien tourné et forci, le départ de la plage avec des rouleau est un peu acrobatique, mais on s'en tire comme des chefs. Le bateau roule pas mal, et je sens qu'on va être bien bercé toute la nuit. Si on arrive à débarquer demain matin, nous avons "réservé" une bagnole de location pour aller faire un tour à Wé (capitale de Lifou) pour aller au marché, et peut être voir l'enterrement du grand chef……nous verrons bien. Je complète mon journal de bord et prépare un petit mail, car il paraît qu'il y a un spot Internet à Wé.
Message du 2/08 à 2h 21 (téléphone satellite iridium) : " bien arrives a Tanna Vanuatu. Volcan en vue. TVB bises " Mercredi 30 Juillet : Toute la nuit le bateau a roulé bord sur bord, et nous n'avons pensé que le matin à la vieille technique de mettre un bout de rappel entre le mouillage et l'arrière du bateau pour faire tourner celui ci face à la houle. Le vent est tombé et nous pouvons débarquer sans problème. Avec la voiture de loc nous faisons tout le tour de Lifou en passant par le marché et par le cyber café. Le marché est très peu fourni aujourd'hui car c'est jour de deuil et beaucoup de commerçants sont parti à l'enterrement du grand chef (ils en parlent même à la RNC). Sur le chemin du retour nous passons par Hnatalo ou a lieu l'enterrement. Beaucoup de monde recueilli autour du cercueil devant la plus grande église catholique de l'île (la religion principale est protestante). Puis en passant par la grande baie de Jonkin (ou Doking) nous avons la chance de voir au loin quelques souffles de baleine du haut de la falaise. Retour au bateau, just in time pour ne pas faire d'abordage de nuit. La méthode de rotation du bateau est efficace, et nous passons une deuxième nuit au mouillage d'Easo beaucoup plus calme malgré la houle d'Est qui continue à rentrer.
Jeudi 31 Juillet : Matinée de PMT (Palme Masque et Tuba). Nous allons au bout du platier à pied pour aller nager sur le tombant où le corail est beaucoup plus vivant et coloré, et dès que le corail est vivant, il y a plein de poissons. Petite lessive sur la plage (car nous avons mouillé devant une plage à touristes avec douches). La météo nous prévoit un vent de Sud Sud Est pour au moins 2 jours, donc nous décidons de partir en fin d'après midi direction Tanna (180 miles à faire). Doublons Lifou par le Nord ouest, avant de prendre le cap Nord Est vers la pointe sud de Tanna. Le vent est à peu près établi, et se maintient toute la nuit, à part un petit creux vers 3h du matin. Vendredi 1er Août : Toute la journée le vent se maintient et nous traçons entre 5 et 6 nœud en faisant route un peu plus au sud que nécessaire (allure au bon plein) pour garder de la marge si le vent refuse un peu (comme prévu dans le dernier fichier météo). Je profite du calme de cette traversée pour démonter les vieux filets. Le soir le vent se maintient toujours, et même forcit un peu en adonnant. On prend donc un ris en prévision pour ne pas avoir à faire cette manip de nuit, car les nuits sont sans lune et le feu de pont ne marche pas. Le bateau marche presque aussi vite avec 1 ris est 3/4 de génois. On se rend compte que ce bateau n'aime pas trop être sur toilé, car même s'il tient bien la toile, la gîte le rend tout de suite très ardent et le pilote n'arrive plus à équilibrer. Leçon à retenir pour les autres fois. Il faut de la toile, mais pas trop. Nous nous préparons à une deuxième nuit de quart, même si nous n'avons pas vu le moindre bateau depuis notre départ. D'ailleurs, nous n'avions vu personne non plus dans la traversée entre Havanna et Lifou. La mer, ici, est grande et vide. Samedi 2 Août : La nuit a été calme et propulsive, sans refusante. Au matin nous sommes en vue de Tanna, et finissons l'approche toujours avec le même vent. Nous voyons déjà le panache du volcan que nous voulons aller voir. Tanna ne possède qu'un seul mouillage digne de ce nom : port Résolution juste après Yéwao point. La ville principale (Lenakel) est au sud, exposée à la houle et sans quai. Il y a aussi un autre bled au nord, tout aussi exposé. Mais il faut aller faire les papiers d'entrée du bateau au Vanuatu à Lenakel. Comme les officiels sont en week end, nous programmons d'aller à Lénakel lundi avec un autre bateau qui est arrivé en même temps que nous (des Hollandais flottants d'Amsterdam). Nous sommes 4 bateaux au mouillage. Le hollandais, un américain, un allemand et nous. Le mouillage est sûr sauf par vent de secteur Nord et Nord-Est. Par contre, il est toujours un peu rouleur, car la grande houle du sud est fait le tour de la pointe. Pour aller à Lénakel, il faut prendre une sorte de taxi brousse. Nous organisons ça avec le chef du village pour lundi matin. Le petit village de port résolution est vraiment conforme à l'idée que l'on se fait de ces petits villages de tribu. Des cases en bambou et palmier tressés disséminées dans les palmiers et les bananiers. Une grand place de verdure au milieu avec des flamboyants. Par ci par là d'énorme Bagnans et des kaoris. Les poules et les petits cochons courent dans tous les sens. Ils ont l'habitude des touristes, car le volcan attire beaucoup de touristes, mais tout le monde est très gentil et parle soit français, soit anglais. A chaque nouvelle rencontre il faut décliner son nom et se faire des congratulations. Le soir on voit le ciel rougeoyer à chaque explosion du volcan. J'ai hâte d'aller voir ce spectacle de plus près. Tout le monde au lit de bonne heure après les 2 nuits de mer (apéro tout de même pour fêter l'arrivé à Tanna!). Dimanche 3 Août : Gros dodo récupérateur. Le dimanche c'est repos, alors nous vaquons à diverses petites activités de vacances. Petit tour de plage, troc de fruits et légumes contre 2 litres de fuel, messe anglicane, visite des sources chaudes, sieste, début de remontage des filets, et pour finir petit resto sur la plage. Le "resto" est une petite paillote tenue par la fille du chef (Naumie), qui fait la cuisine presque dans le noir un peu avant 6 h du soir, et nous sommes à table à 6h00. Fin du repas à 7h00, et retour au bateau dans une nuit d'encre. Le village est tout noir (pas d'électricité) et d'un calme rare. Toute la famille du chef est au petits soins pour nous, peut être parce que Muriel a pensé à emmener des lunettes de presbytes et justement le chef en avait besoin... Rendez vous est pris pour le taxi brousse demain matin. Lundi 4 Août : Départ prévu à 7h30 avec le taxi brousse. Transport organisé par le fils du village (Stanley) qui a l'air d'être le responsable du "yatch club" et le correspondant local des autorités. Manque de pot, le taxi brousse (un pick-up avec 2 planches pour s'asseoir dans la benne), est parti à 3h du matin pour emmener des gens à l'aéroport, et il lui faut 5 à 6 heures pour faire l'aller retour. Donc on retourne au bateau en attendant 10h. On s'entasse finalement à 14 dans le pick-up, car il y a 4 bateaux qui ont besoin de faire les formalités. 2 heures de tapecul à travers des forêts tropicales, puis au pied du volcan que nous visiterons demain. Paysage lunaire et volcanique, puis descente sur Lenakel, où le premier arrêt est à la banque car les autres bateaux n'ont pas de monnaie locale. On nous avait dit qu'on ne pouvait changer qu'à port Villa (la capitale), alors je m'étais procuré des Vatus à Nouméa. Comme il est plus de midi, douane et police sont fermées, donc direction un petit resto ou nous mangeons une grande assiettée de riz + légumes locaux + poulet pour moins de 2 euros. Le tout dans une musique répétitive de type reggae. Après midi de formalités (Immigration puis Quarantaine puis Douanes) où nous nous faisons raquetter à chaque passage de 3 ou 4000 Vatus pour remplir une tonne de papiers dont personne n'a rien à battre (total du droit de passage au Vanuatu : 10 000 Vatus = 70 Euros). Je profite de notre passage par les autorités pour faire les formalités de départ en même temps. Grâce à un petit mensonge sur notre date de départ et sur notre itinéraire, je quitte la douane avec le papier de Clearance. Nous sommes censés quitter définitivement le Vanuatu dans les 48 heures sans aller dans d'autres îles, mais comme ils n'ont aucun moyens de vérif, on est assez tranquille. Avec le retard pris le matin nous faisons la piste de retour en partie de nuit, et arrivons à Port Résolution avec le cul bien tanné. Mardi 5 Août : C'est aujourd'hui la grande journée: on va voir le volcan ce soir !! Matinée de vacances, glandouille, balade à pied. Visite d'un Nivanuatu (habitant du Vanuatu) qui nous vend une grosse langouste sauvage pour 1 000 Vatus (8 euros). Je finis d'installer les filets dans les filières, et Ludo attaque la réparation de la pompe à eau douce de la cuisine qui est de plus en plus anémique. Bilan de l'opération et après divers essais, nous découvrons que toutes les pompes à ,eau douce du bateau sont bien fatiguées, et que la pompe de rechange a déjà été piratée d'un clapet. On arrive finalement à faire une bidouille à partir de 2 vieilles pompes, mais nous n'avons plus aucune solutions de rechange. J'envoie un SMS à guillaume pour qu'il se procure 2 pompes et les pièces de rechange qui vont avec. Cuisson de la grosse langouste pendant le repas de midi. Départ à 16h pour le volcan. Une bonne demi-heure de tapecul à 12 dans une benne pour arriver au pied du volcan. C'est rare de pouvoir arriver en voiture à 15 minutes à peine à pied du cratère éruptif. Nous passons 2 heures à regarder les explosions de lave et de fumée, et les bombes rouges retomber à peine à quelques centaines de mètres de nous. Impressionnant de beauté, de force, de chaleur, de bruit. On en prend plein les yeux, et je crois que ça restera un moment fort du voyage, si ce n'est de toute la vie. Au retour, apéro pour fêter cette superbe journée suivi d'un repas gastronomique: Avocat mur cueilli sur l'arbre et langouste !!!! tout ça avec les lueurs du volcan au loin. Moment rare (séquence émotion !!!). Mercredi 6 Août : La météo prévoit une rotation du vent au secteur nord est en fin de semaine. Le mouillage de Port Résolution va donc devenir moins confortable, et comme un Rallye bateau a débarqué hier (7 ou 8 bateaux), nous décidons de partir ce soir pour Erromango. La traversée fait un peu plus de 50 miles, alors pour être sur d'arriver de jour, nous prévoyons de partir le soir (vers 9h) pour être sur d'arriver de jour, car il n'y a pas le moindre feu dans ces parages. Petit resto à midi (celui de Léa) ou nous avons droit à un buffet de tous les légumes du coin plus d'une mixture à base de poulet, oignons, curry, .. tout ça est très bon. Entre deux petites balades et une petite lessive Ludo et moi installons le nouveau pilote automatique, car l'Autohelm est HS et le Raymarine que nous utilisons a des signes de faiblesses. Un vrai merdier à installer, car la doc est moitié en français moitié en anglais, et ne dit pas forcément la même chose. C'est une véritable usine à gaz avec bus de communication, 50 paramètres possibles, des écrans à programmer... Je crois que Guillaume a fait une bonne affaire à nous laisser installer ce bidule. Repas du soir préparatoire d'une nuit en mer (nouilles au beurre), puis départ vers 21h. Nous sortons du mouillage à la torche en slalomant entre les bateaux à l'encre. Le plus gros des voiliers au mouillage est un bateau français (plus proche du fifty que du voilier) dont le propriétaire est l'archétype du gros friqué que je déteste. Le mec nous engueule comme du poisson pourri et nous met un gros projecteur en pleine poire, alors que j'avais pris toutes mes précautions pour avoir les yeux habitués au noir avant de faire cette délicate sortie. Vraiment le connard grave. Dehors nous découvrons que le vent fait 10 nœuds de plus que prévu, et la mer est bien formée. Nous prenons donc notre cap entre travers et grand largue sous 5 m2 de génois, et remercions le seigneur d'avoir installé le nouveau pilote avant de partir. Les grosses vagues nous font faire des embardées au lof de 50 degrés. Les 2 femmes ne se sentent pas de faire des quarts seules dans ces conditions. Jeudi 7 Août : La nuit a été un peu difficile. 30 nœuds de vent avec une mer formée par le travers. Ludo et moi avons fait des quarts de 2 heures, et nous arrivons le long des cotes d'Erromango au petit matin. Les femmes n'ont pas beaucoup mieux dormi que nous car les mouvements du bateau étaient erratiques et violents. Longeons la cote sud d'Erromango du petit jour jusqu'à 9h puis nous passons le cap qui protège l'anse de Dillon's bay. Cette anse est très ouverte sur tout le secteur ouest, mais assez bien protégée pour le reste. Or nous attendons un petit passage au Nord-Est, donc la planque est bonne. Nous mouillons par 8 m de fond sur sable noir en face de la vallée et de grèves noires. Petit déjeuner et déjeuner simultanés pour nous remettre de nos émotions nocturnes, puis sieste pour les braves avant d'aller faire un petit tour au village. Après une tentative ratée sur la rive gauche de la rivière nous recommençons de l'autre coté. Tout le village est le long de la rive droite. Séances de rencontre avec toujours la même douceur et la même nonchalance qu'à Tanna. Chaque Nivanuatu se présente en disant son prénom. On a du mal à se souvenir de tous, et nous faisons quelques impaires et confusions. Le chef William n'est pas là ce soir, nous le verrons donc demain. En attendant nous remontons un peu la rivière à pied jusqu'à l'endroit ou se fait la lessive, et en profitons pour prendre une douche. Ça fait du bien! Nous rencontrons également le responsable de l'école et sa femme institutrice (Tonal et Lota). Rendez-vous est pris pour le lendemain pour leur donner cahiers et crayons. Au dodo de bonne heure après une bonne salade de choux et thon. Vendredi 8 Août : Grasse matinée jusqu'à 8h. On devait tous avoir un petit retard de sommeil. Ludo est coincé sur le bateau par un soucis de santé qui lui a fait passer un sale quart d'heure la nuit passé. Il lui faut au moins 48h de repos. On va donc traîner un peu ici avant de reprendre la mer vers Ouvra. Retour à l'école pour tenir nos promesses, et où nous faisons la photo de classe. Visite de courtoisie au chef William qui est un vieux monsieur de 76 ans, mais qui est loin d'être un "cul terreux". Il est le représentant local du gouvernement et responsable de la province de Eromango sud. Il rentre d'une période de 6 mois à Port Villa et connaît toutes les ficelles de la politique et des relations avec les étrangers. Il parle anglais et un peu français, et fait preuve d'un certain humour. Il nous invite à boire le café dans la "guest house", et nous repartons avec un grosse citrouille sous le bras. Nous programmons d'aller avec lui voir les grottes des ancêtres cet après midi avec un bateau de pêcheur. Même si ce monsieur est très au courant de la vie moderne, il n'en est pas moins confronté aux limites et contraintes de ce petit coin reculé du monde. Un des bateau n'a pas de hors bord, celui qui a un HB n'a plus d'essence, le propriétaire du bateau qui marche est parti à la chasse. Donc pas de bateau pour notre ballade. Nous allons donc faire un tour à pied vers le haut de la montagne (c'est raide et il fait chaud), puis nous allons le long de la rivière dans les jardins ou les locaux viennent cultiver et récolter bananes, taros, igname, papaye, haricot serpent, pamplemousses... Un vrai pays de cocagne. Nous revenons des jardins avec Marta (la femme du chef) en lui portant son gros sac plein de légumes. Ça fait rigoler tous les locaux de voir les touristes porter la charge de la femme du chef. Promesse du chef: il viendra nous chercher sur le bateau demain vers 9h avec un bateau pour nous emmener aux grottes. Juste avant de remonter dans l'annexe nous croisons un pêcheur qui nous vent deux beaux mulets pour 500 Vatus (3,5 Euros). Pendant notre ballade 3 bateaux sont arrivés: un NZ, un Tasmanie et un US. Nous sommes de nouveau submergés par les English speaking. Poisson au four avec chouchoute à la vapeur! Samedi 9 Août : En attendant l'heure du rendez-vous (pacifique time !!) j'essaye d'équilibrer l'éolienne qui fait vibrer le portique à une certaine fréquence. Pas sûr d'avoir résolu le problème... A 10h, toujours pas de bateau. Je débarque donc avec A.L. pour aller aux nouvelles. Chef William n'est pas arrivé à trouver de bateau. Les autres voiliers sont aussi intéressés pour aller voir les grottes. Nous convenons donc de faire un convoi d'annexe pour y aller ensemble cette après midi (je n'ai pas assez confiance dans la notre pour y aller seul). Le chef me demande de l'aide pour faire marcher son générateur. Je découvre qu'il n'a plus d'huile car son fils a vidangé son groupe pour mettre l'huile dans le sien. Je vais donc chercher un litre d'huile à bord. Quand je reviens le chef me déclare que son fils lui a siphonné le réservoir, et qu'il voudrait bien m'acheter de l'essence. J'ai un peu l'impression de me faire manipuler, alors je refuse de vendre notre essence. Donc, pas de démarrage du groupe électrogène. La veille nous avions aussi rencontré David qui nous avait demander de passer voir son travail pour faire un "yatch club" et lui donner des conseils. Nous allons donc voir le "chantier". Il a trouvé à coté du village un coin tout à fait charmant: une espèce de grosse rocaille avec des grands arbres (Bagnans entre autres) au pied de la falaise. Il fait du travail de terrassement avec des moyens rudimentaires (barre à mine et machette), pour faire diverses petites terrasses pour y construire des bungalows. S'il arrive au bout, ça risque d'être pas mal. Retour au bateau pour déjeuner, puis nous partons à 3 annexes (10 personnes plus le chef) vers les grottes. Finalement, c'est nous qui avons la plus grosse annexe, mais aussi la plus vieille et miteuse, et les 2 autres ont aussi des petits moteurs. Donc la caravane est lente, surtout que nous avons une brise thermique dans le nez. Une demi heure d'annexe dans du clapot plus tard, nous débarquons sur une belle plage jaune, et marchons 5 min dans la foret jusqu'au pied de la falaise pour y découvrir 2 petites grottes avec quelques ossements humains. Le chef parle aux esprits de ses ancêtres pour prévenir de notre visite. Je me demande de plus en plus s'il n'est pas en train de se moquer de nous !!! Retour vent dans le dos, et le long de la falaise pour essayer de voir des bons coins pour faire du PMT demain. Ce soir cuisson du pain (le pain de Tanna est mort de moisissures), et patates + citrouilles. Un orage gronde et éclaire au loin sur la mer. Mieux vaut être au mouillage ! Dimanche 10 Août : Dernière journée à passer au Vanuatu car nous avons décidé de prendre la route pour Ouvéa dans l'après-midi. Pendant la nuit, le bateau du français qui nous avait insulté en quittant Port Résolution est arrivé. Ludo a bien l'intention d'aller lui rendre une petite visite pour lui dire sa façon de penser. Première tentative vers 8h30, mais tout le monde a l'air de dormir à bord. Nous débarquons donc à terre pour aller voir la messe protestante, faire une fois de plus un peu de lessive dans le torrent et faire une petite marche vers l'amont de la rivière pour essayer de trouver d'hypothétiques "vasques" pour nous baigner. Nous allons saluer le chef William avant de partir. Il y a maintenant 4 bateaux au mouillage, il a donc beaucoup d'autres occupations.... Deuxième tentative pour aller voir le français gueulard. On le surprend en pleine miction du haut de son salon de pont. La conversation est conforme à notre attente. Ce monsieur est plein de certitude, nous assène son expérience, ses miles parcourus et son sens de la mer et nous traite de haut. On en reste là en lui suggérant d'apprendre en plus la politesse. No way, avec ce genre d'individu (le bateau est immatriculé dans un paradis fiscal...). Cap sur Ouvéa vers 15h. Bye bye Vanuatu! On part tout doucement car nous sommes à l'abri de l'île, mais plus on s'éloigne plus ça monte. Un ris, puis 2 ris puis affalage de grand voile pour essayer de naviguer peinard sous génois seul. Nous filons 6 nœuds toute la nuit sous 1/2 génois. Le pilote se comporte bien, mais la mer est dans tous les sens et régulièrement une petite vague scélérate nous saute sur le pont pour tout tremper. Lundi 11 Août : Une nuit de plus en mer d'un confort tout relatif car la mer est croisée dans au moins 3 sens. Mais, en attendant, on avance pile dans le cap, même si le vent est beaucoup plus sud que prévu. Le vent faiblit et tourne progressivement pour nous retrouver vent arrière en fin de journée. Nous sommes obligé de réduire de nouveau la toile le soir pour ne pas arriver sur Ouvéa de nuit. Pâtes à l'huile d'olive et au Cheddar au menu du soir... (toujours aucun poisson à nos lignes de traîne). Mardi 12 Août : La nuit a été relativement tranquille et nous avons continué gentiment notre route vers la passe du taureau pour être devant les motus d'Ouvéa au petit jour. Timing parfait, et le temps est presque beau. Le seul problème est que voilà 3 jours que j'ai une plaie qui s'infecte sur le tibia gauche et que ça commence vraiment à me gêner. Au lieu donc d'aller au plus court (Mouillage de saint Joseph), nous allons en direction du village de Fayaoué ( au milieu d'Ouvéa) car c'est là qu'il y a le dispensaire et la pharmacie. Nous mouillons par moins de 3 m de fond devant le temple . Le fond est plat (sable et herbier) ce qui fait que nous sommes obligé de mouiller relativement loin de la plage (il y a aussi 80 cm de marnage). Super apéro, avec Pastis, cacahuètes salées et arachides fraîches, noix de coco (de Lifou) et saucisson pour fêter le retour en Calédonie. Après ce super apéro, nous n'avons plus faim que pour des bananes flambées au rhum. Je vais au dispensaire (sur la route de l'aérodrome) pendant que les femmes vont explorer la route de la côte. En chemin je tombe sur La pharmacie d'Ouvéa qui me dissuade d'aller au dispensaire et qui me donne la pommade et l'antibiotique ad'hoc. La pharmacienne fait un peu la grimace en voyant l'état de ma plaie... faut dire que ça commence à être moche, et l'humidité salée des 2 jours de mer n'a fait que creuser le bidule. Je suis obligé de rester un peu sur le bateau pour éviter de mouiller mes plaies (car j'en ai aussi 2 aux pieds, et une dans le dos), et nous laissons donc les femmes retourner à terre pour faire quelques courses. Farniente à bord en attendant. Anne Lise et Muriel reviennent avec un peu de pain et 4 yaourts. A priori ce n'est pas ici qu'on va faire des emplettes et des grosses dépenses. On commence sérieusement à être en panne de verdure. Nous avons fini les bananes, les papayes, les haricots serpents et les chouchoutes. Il ne nous reste plus qu'une grosse citrouille. Et ce n'est pas avec notre pêche qu'on va se nourrir car toutes nos tentatives à la palangrote ou à la traîne se sont soldées par des échecs. Discussions pour savoir comment on organise la fin de nos vacances pour "optimiser" les périodes de navigation de bulle et avoir un point de rendez-vous idoine pour Guillaume. Il faut aussi compter avec l'obligation de passer par Hienghène pour faire les formalités d'entrée, et sur le week-end du 15 Août ou les douaniers sont en vacance. J'ai déjà envoyé un message à Guillaume pour lui dire qu'on ne ramènera pas le bateau à Nouméa. Nous espérons être du coté de Houailou, et après étude plus fine des mouillage et des cartes, il serait même préférable d'atteindre Kouaoua. Mercredi 13 Août : Comme à chaque fois que nous faisons une nuit de navigation, le lendemain nous faisons la grasse matinée jusqu'à presque 8h. Ce matin temps gris et même un peu pluvieux. Heureusement que nous avons vu les beaux bleus du lagon hier, car aujourd'hui ça fait un peu couleur d'automne. Anne Lise et moi ne nous souvenons pas d'avoir eu ce genre de temps à notre premier passage. Cette année est peut être une année d'hiver pourri en Calédonie Nous partons en "pouce" (expression locale désignant le stop) pour aller visiter la distillerie et la savonnerie à une dizaine de kilomètre de notre mouillage. Le stop marche pas trop mal et nous y sommes en 3 "lifts". Petite entreprise aux moyens très artisanaux, mais qui produit pas mal de savons à base d'huile de copra pour la consommation calédonienne. La production marche uniquement avec la récolte locale de coco de la partie nord de l'île et fournit aussi de l'huile (bio carburant) pour le générateur électrique de l'île. Notre guide est un beau et jeune Kanak (charmant au demeurant) qui laisse nos 2 femmes avec le vague à l'âme.... Ce dernier nous apprend qu'il y a la fête du lagon ce vendredi samedi dimanche. Nous modifions de nouveau notre plan de vacances pour assister au moins partiellement à cette fête locale. Retour au bateau aussi en pouce, et après manger nous changeons de mouillage pour aller devant Saint Joseph. Petite navigation dans le calme du lagon, mais le vent est de nouveau assez fort ( 25 à 30 Nœuds pour du 15/20 annoncé par le dernier fichier grib). Nous étions partis avec l'annexe accrochée derrière et sommes obligés de nous mettre à la cape pour la remonter avant de tout arracher tellement on va vite (6 à 7 nœuds). Arrivée devant Saint Joseph vers 17h. Juste le temps d'aller faire un tour à terre pour demander à la chefferie si on peut rester pour la nuit (tradition de la coutume). De nouveau nous sommes mouillés sur 3 m d'eau à marée haute. A marée basse, on va avoir moins de 30 cm sous la quille. Heureusement que c'est un fond sableux et de bonne tenue, car ça continue à souffler du Sud Sud-Est à plus de 20 nœuds. Jeudi 14 Août : Beau temps ce matin. Ça change du temps maussade de la veille. Nous en profitons pour faire une grande balade à pied le matin jusqu'au trou aux tortues. Dans le nord de l'île, il y a un trou de l'ordre de 50 m de diamètre avec des bords à pic d'une dizaine de mètres. Ce trou semble sans communication directe avec la mer située à 300 m de là. D'après ce qu'on a compris, les kanaks y mettent les tortues marines tout en disant que c'est de l'eau douce. On ne comprend pas tout, et si ce sont des tortues de mer, elles doivent se reproduire autrement que les tortues qui pondent dans le sable. Pendant toute notre balade nous sommes accompagnés par une jeune fille qui fait sont BEP à Paîta et est venue faire un stage au dispensaire de Saint Joseph. Martine (car tel est son nom) s'est prise de passion pour Muriel et Anne Lise et ne veut plus les lâcher. Elle revient avec nous sur le bateau, mange avec nous et repart se promener avec les femmes l'après-midi. Pendant ce temps je reste à bord avec Ludo, car ma plaie au tibia me lance toujours un peu et j'ai trop marché ce matin. On en profite pour faire quelques bricolages qui se soldent tous par des "échecs". Tentative de monter la trinquette: pas de trinquette à bord. Il n'y a qu'un tourmentin et l'ancien génois. Tentative de réparer le feu de pont : le feu de remplacement est HS (par contre j'ai vérifié la tension aux fils qui arrive au feu : OK). Tentative d'améliorer la drisse de remplacement du génois : on ne peut plus monter en tête de mat car on a "perdu" un échelon. On se demande bien comment on a fait pour perdre cet échelon (je suis monté en tête à Nouméa en m'assurant sur les échelons!!), mais ça laisse entendre que les rivets sont un peu cuits et qu'il serait préférable de tous les remplacer. La poulie de la deuxième drisse d'avant a l'air de passer à coté du réa, ou le réa est bloqué. En tout cas ça frotte. On ne peut pas mettre la drisse de spi, car on ne peut plus monter en tête (ou alors faut le faire avec la chaise de calfat, mais dans un mouillage qui remue un peu, c'est pas top!). Bilan, on n'a aucune drisse de remplacement en ce moment. Le vent est bien tombé. Nuit calme en perspective. Gratin de citrouille d'Erromango aux œufs de Tanna (et Cheddar de mer...). Vendredi 15 août: Debout avant 6h pour traverser le lagon du nord au sud pour aller à la fête du lagon. Super navigation cool avec allure au bon plein sur une eau plate et bleue lagon. On file entre 4 et 6 nœuds avec un petit vent de 10, et en essayant un nouveau leurre Ludo pêche une belle bête de 3 kg (un gros mulet ?). Je lève les filets, et pour vérifier que ce nouveau leurre est bon, nous remettons la ligne à l'eau. Un quart d'heure plus tard nous sortons un beau barracuda. Vraiment super journée, mer calme, bonne allure, belle pêche... la journée de carte postale. Malgré tout ce poisson en stock, nous retentons une troisième fois: punis! Câblot cassé à ras du nœud! Ce qui prouve néanmoins que ce type de leurre est bon. On en a un deuxième comme ça qu'on va remonter avec du câblot plus gros. Nous arrivons devant le village de Mouli où se déroule la fête vers 11h30, juste à l'heure où le poisson au four est cuit. Mouillage sur 4m de fond d'un sable clair qui éclaire les oiseaux en bleu par-dessous. On entend les flonflons et les boum boum de la fête. La belle vie! Après une sieste digestive (car nous avons englouti tout le "mulet"), petite visite à la fête ou il y a quelques stands, un podium avec des baffles de 3 m3, et un chapiteau avec spectacle de hip-hop. Balade sur la plage, et je vais demander à tout hasard à l'hôtel du coin s'ils ont une connexion Internet: Bingo! Rendez vous est pris pour 1/2 h de connexion demain matin. C'est grâce à cela que vous recevez ces nouveaux épisodes que je n'ai pu envoyer du Vanuatu. Ce soir nous allons voir le spectacle de hip-hop puis manger des brochettes sur la plage..... Samedi 16 Août : Le spectacle de hip hop était de qualité!!! Il y a une compagnie de théatre (le Chapito) complètement subventionnée par la région qui se ballade avec son chapiteau et tout le matériel dans toute la Calédonie et les îles loyautés pour promouvoir les arts du spectacles et les créations locales. Le spectacle était aussi un peu dans la salle. Après nous sommes allés manger du poisson grillé sur la plage en écoutant la musique du podium. Fin de la fête à 22h, car les gens sont des lèves tôt. Nous aussi ce matin pour aller à l'hôtel ou il y a la connexion Internet. Comme c'est à 4 km, Ludo et moi y allons en "pouce". Nous sommes rapidement pris par un fou du volant. On a perdu l'habitude de rouler à plus de 80 km/h. A l'hôtel, on nous prête le PC du secrétariat pour consulter nos mails et y répondre. Ambiance calme et feutrée dans ce grand hôtel sur le bord du lagon (l'hôtel des japonais disent les locaux). Promenade à pied ensuite pour aller à l'extrémité ouest de l'île Mouli. Anne-Lise se baigne sur le platier et voit plein de poissons. Moi qui suis toujours interdit de baignade à cause de ma plaie, me contente de regarder à partir du bord de la petite falaise. On voit déjà pas mal de belles choses, dont des étoiles de mer bleues, un serpent chaussette rayé, des crabes.... Ce matin il y avait le concourt de pèche à la traîne et de pêche sous marine. Nous venons voir la remise des prix. Une superbe dorade coryphène (Mahé mahé) et un poisson que je suppose être un marlin, et qu'un kanak appelle thazard mammouth (!!??). Malheureusement, il faut bien commencer à penser au retour, car nous avons rendez vous avec Guillaume dans 8 jours, et il faut absolument passer par Hienghène pour faire l'entrée du bateau en Calédonie et les formalités douanières. Donc départ d'Ouvéa vers 16h pour passer la passe de jour. Comme on sort vers l'ouest, on a le soleil dans les yeux, et nous ne voyons pas la couleur des quelques malheureuses balises et piquets. On navigue donc un peu à vue avec une vigie sur le balcon avant. Pétole prévue par la météo. Pétole au rendez vous. Moteur, moteur , berk! Mauvaise découverte juste avant de prendre les quarts de nuit: l'alternateur moteur ne charge plus. On éteint donc tout ce qui n'est pas indispensable et retrouvons les méthodes d'avant l'informatique. On ne garde que le GPS et le pilote. On cherchera la panne demain. Dimanche 17 Août : Moteur toute la nuit, et presque toute la journée, car après la pétole, petit vent juste dans la gueule pour passer la zone du platier. Deuxième mauvaise découverte. Après 15h de moteur, ce dernier fait un nouveau petit bruit. Nous découvrons une fuite de compression au niveau du joint d'un injecteur. Est ce le joint, ou quelque chose de plus grave (culasse fendue!)? On baisse le régime et essayons de tirer parti autant que possible du petit vent. Et évidemment le vent se renforce juste quand nous sommes à l'endroit le plus critique (passe non-balisée). Tirons des bord avec 1 ris et tourmentin sur un fond qui remonte de 400m à 6 m en 1/2 miles. Tout est bien qui finit bien: l'arrivée sur Hienghène est très belle avec sa célèbre "poule" (ou les tours de notre dame), et les falaises déchiquetées de part et d'autres. Nous mouillons dans l'anse principale, car le mouillage dans la rivière n'est accessible qu'à marée haute. Petit tour à terre pour prendre connaissance des lieux et faire un premier repérage des autorités. La gendarmerie est ouverte, mais le bidasse de service est tout frais arrivé du Jura et est au courant de rien. Nous verrons donc demain, mais au moins nous avons fait acte d'allégeance au près des autorités de la république. Retour au bateau pour une expertise des problèmes moteurs. Démontage de l'injecteur arrière. La portée de ce dernier a été progressivement bouffée, probablement suite à un montage sur une portée mal nettoyée. Heureusement, nous avons des joints de rechange et un injecteur neuf. Donc nettoyage, grattage, avec précautions pour ne pas faire tomber des morceaux de calamine dans le cylindre. Idée de génie: la pompe pour gonfler l'annexe peut être utilisée en "soufflette" et en aspirateur. Donc boulot à peu près propre, et le moteur redémarre au 1/4 de tour et sans fuite. Problème n° 1 résolu, mais Guillaume devra se reprocurer un injecteur neuf, car il n'y a plus que 2 vieux injecteurs en pièces de rechange dont celui que nous avons démonté. Au dodo de bonne heure comme après chaque nuit de traversée. Lundi 18 Août : Activité de première urgence : les formalités d'entrée, et aller au dispensaire pour 2 raisons: Ludo a un furoncle mal placé, et ma plaie au tibia ressemble à une mini pizza au fromage. Vive l'administration: toutes les formalités ont été attribuées au bureau de la "marina", ou une charmante dame s'occupe de tout. Elle contacte la douane, fax les papiers, prend rendez vous avec le service phytosanitaire.... Le tout avec le sourire et gratuitement. Pendant ce temps on prend une douche chaude avant d'aller faire la queue au dispensaire. Au dispensaire, on nous ausculte, nous soigne et nous ressortons de là avec de belles ordonnances. Et comme la secrétaire n'est pas là pour nous faire payer, le médecin nous dit de partir, et qu'elle se démerdera pour se faire rembourser par la sécu. La belle vie quoi! Pour ma part, j'ai un beau pansement avec une chaussette pour maintenir le bandage. Ça fait grand blessé de guerre, et je doit continuer les antibiotiques pendant une semaine. Quand à Ludo, c'est peut être plus grave que prévu. Il a tout le fondement en vrac et commence vraiment à souffrir. Il va peut être falloir changer notre planning de la dernière semaine si son traitement ne le remet pas rapidement sur pieds. A midi le responsable phyto arrive et vient faire une visite du bateau. Le mec plutôt cool qui boit un coup avec nous et nous raconte un peu sa vie. Toutes les formalités sont donc remplies. Après midi de promenade. Avec Anne Lise nous allons faire le tour de la poule avec l'annexe à la rame. Superbe tombant, jolis coraux... On envisage d'aller faire du PMT à coté d'un motu demain ou après demain en fonction de l'évolution de l'état de Ludo. Entre deux balade, je fait l'autopsie de l'alternateur: je découvre que les charbons de l'excitateur ne sont pas d'origine, et que le raccord de la tresse de l'un d'eux a lâché. Je ressoude donc le truc, et tout a l'air de rentrer dans l'ordre. A surveiller. Petit resto le soir: Soupe au poisson, thasard grillé, excellente banane cuite à la vapeur, le tout avec un petit Bordeaux (mouton à cinq pattes). Mardi 19 Août : Ludo n'a pas dormi de la nuit, car il doit faire une espèce d'allergie à son traitement. Je le shoote aux anti-inflammatoires et ça a l'air de s'améliorer. Nous faisons un saut au marché pour récupérer tant bien que mal quelques bananes, concombres et salade, ainsi qu'un passage à la laverie pour récupérer tout le linge qu'on a posé hier. Je m'arrête là ce matin pour aller faire un tour au centre culturel ou il y a une connexion internet.
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| Livre de bord de Gilles |
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